L'Atelier Noracy

Pierre qui roule…

Nous partions cette semaine de l’expression « Pierre qui roule n’amasse pas mousse ».

Pour qui se prend-il Pierre ? À pousser des coups de gueule de sa voix rauque, à me donner des leçons du haut de son mètre soixante. À me croire pushing-ball humain payé 8 balles de l’heure. Il faudrait que j’aime ça ? Que je sois plus « corporate » ? Ton taff crétin accapare déjà mes jours et s’introduit doucement dans mes rêves. Les chiffres de la journée y défilent à l’envers pour pointer mes horreurs. Continue à me postillonner dessus cinq fois par jour, insulte-moi en franglais et relève donc cette trogne cuite que tu descends pour jouer les dominant alors que je suis plus grand que toi même lorsque je suis assis. Recule donc de moi cette haleine de clope mentholé, résidu du léchage de glottes biquotidien que tu entretiens avec Francine, la secrétaire aux ongles parfaits qui passe ses journées à ne rien branler à part ta pauvre nouille pendant que ta femme regarde d’un peu trop prêt votre Médor.

Je les entends tout le temps. Ça ne s’arrête jamais. Ils pensent, ils pensent, ils pensent tous dans ma tête et m’éructent à la gueule dans le monde des idées et se montrent les dents dans notre réalité. Rester là pour passer senior, puis « collab ». Un putain de collabo qui ramèn le sabot pour se faire tondre, une poule de basse cour qui fait tout pour engraisser son maq et lui gratter 3 grains de plus une fois tous les deux ans.

« Faut que ça mousse petit ! Faut que ça mousse dans nos bureaux ! Faut que ça mousse alors ne décolle pas de ta chaise, faut que ça mousse alors ne perd pas le nord. On te laissera deux, trois ans de sud avant la mort. Faut que tu mousses pour qu’on roule dans des usines à moteur. »

Mousse et galère-toi la rate à mettre trois ronds, pour un rêve qui n’arrivera jamais.

Mousse mon petit mousse, et n’oublie pas que tu seras le premier à te retrouver à l’eau quand la tempête grondera.

Mousse et plus tard tu rouleras. Quand on aura sucé toute la sève en toi, tu auras bien le droit à l’errance désolante d’un virevoltant.

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