Atelier IRL

Écrits d’atelier IRL

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui, je viens partager avec vous deux écrits d’atelier.

Pour le premier je disposais de cinq mots (1 par personne présente à l’atelier) : coccinelle/phare/couleur/printemps/ange gardien, d’une phrase (piochée parmi six) « L’oiseau vagabonde sans rien oublier. » et de douze minutes

Les vagues bruissent au loin, mais le vent ne me laisse pas les entendre. Je n’entends que l’océan qui se froisse pour venir troubler ce miroir mouvant du ciel que la lumière de mon phare vient éclairer à minuit. Je zèbre le bleu nuit de la mer de traits blancs, et ce depuis bientôt trente ans. Oh c’est vrai que ces dernières années, je n’ai plus rien à faire. J’ouvre, une fois par mois, la porte aux gars de maintenance et les jours d’orage, j’actionne manuellement le phare. Une simple pression sur bouton. 

Demain, je devrais partir. Parce que ce bouton sera prenable à distance et que je coute trop cher. J’ai beau expliquer que je pourrais bénévoler, il ne m’ont pas laissé le choix. Il va falloir quitter définitivement mon nid haut perché, là où viennent me saluer quelques goélands, pour retrouver la terre verte, l’herbe, les plantes, les fleurs, les roches… 

J’ai une peur bleue du vert qui pousse petit à petit, de la lenteur fourbe du printemps, moi qui voyait passer chaque vague comme un coup de balai venant tout effacer. 

Ils ont beau me dire que je vais m’habituer, l’oiseau même vagabond n’oublie jamais.

Pour le second texte nous sommes partis, tous les six des mêmes six mots : La chambré/fuite/hasard/naufrage/diantre/à cause et nous avions quinze minutes

Dure soirée pour Douglas : prostré dans l’humidité des draps du lit central de la chambré. Le toit de chaume de l’unique bicoque d’une ile pommée au milieu du pacifique laissait perler, toutes les cinq secondes, une goutte de pluie grossissant doucement avant de s’écraser sur son nez. 

Des petits groupes discutaient le drame, et pansaient leurs plait. Ils avaient tous un regard pour Douglas. Chacun posait des yeux noirs, gris, amers, haineux ou moqueurs pour les plus amicaux. La conscience de ces yeux scrutateurs pourléchant sa carcasse avait de quoi inquiéter. Seul, pommé au centre d’une chambre tapissé de rancuniers, au milieu d’une ile battue par l’océan hostile, il y avait de quoi devenir fou et tenter une fuite insensée. Douglas pourtant fixait inlassablement la prochaine goutte. 

Il n’arrivait pas à comprendre, revivait encore et toujours les quelques scènes qui avaient amené l’équipage, ou ce qu’il en restait, dans cette grande pièce de l’unique bicoque d’un ilot ridiculement petit. Il avait beau faire tourner les images aussi vite qu’avait tourné le gouvernail, il n’arrivait pas à piger d’où venait ce rocher accédé qui avait éventré la coque de leur voilier. Pas moyen de comprend le capitaine, sa soufflante et ses coups qui laissaient à penser que c’était par sa faute qu’ils avaient fait naufrage. 

Dans cette marée d’homme, aucune place n’était laissée au hasard, et en temps que plus haut gradé survivant, il s’attendait à trinquer.

Si vous avez lu jusqu’ici (d’abord merci ! Et ensuite) vous vous êtes rendu compte que tous les mots ne figurent pas dans le texte et pour cause, ce n’est pas le but. Les mots ou phrases que vous recevez ne sont que des outils, vous pouvez parfaitement piocher celui qui vous plait et laisser ceux qui vous encombrent, ou dont vous ne ressentez pas le besoin.

Créativement,

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