Grand projet

Message d’un milieu de tempête…

Bonjour à toutes et à tous,

Voici un petit article, le premier d’une longue série sur l’écriture — en cours — de mon roman. Pour des raisons personnelles, ces dix premiers jours furent extrêmement difficiles.

Je n’ai pas pris le temps de travailler suffisamment et, frustré par ce manque de courage et d’abnégation je ne me suis pas senti d’écrire, plus tôt, un article qui m’aurait forcé à penser, à ressasser encore cette quinzaine qui fut si complexe.

Je vous rassure tout de suite, pas de voyeurisme sur ma vie privée dans les lignes qui suivent. Je ne me répandrai pas non plus en sentiments personnels dont vous vous contrefoutez à raison. Malgré tout, je ne peux m’empêcher de vous révéler quelques informations factuelles sur qui je suis…

Bon, après ce petit avertissement — j’en conviens, assez chiant — j’en reviens au cœur de cet article : l’écriture. Je n’ai donc que très peu écrit ces derniers jours. À vrai dire, je n’ai réussi à aligner quelques phrases assez fades que le premier mercredi, jour du lancement.

Très vite mes problèmes perso m’ont rattrapé.

Ici une précision s’impose : j’ai été détecté « surdoué » il a deux ans. Attention, « surdoué » ne signifie pas meilleur ou plus fort que les autres. Ça fait référence à un fonctionnement cérébral atypique entrainant des caractéristiques particulières pouvant varier énormément d’un individu à l’autre. Je fais partie des « surdoués » considérés comme hypersensibles, avec une empathie exacerbée. 

À la lumière de ces quelques faits, vous comprendrez plus facilement que quelques troubles peuvent ébranler ma sérénité. Et là, vient le premier apprentissage, assez douloureux de cette aventure : moi qui pensais ne pouvoir connaitre d’épiphanie que dans la détresse et la tristesse profonde, je me suis rendu compte que cela ne fonctionnait plus. J’ai donc paniqué, ce qui renforçait ma tristesse, ce qui m’empêchait encore plus d’écrire, ce qui augmente ma panique… Pas besoin de vous faire un dessin !

Après réflexion, je me suis rendu compte que ce changement était assez compréhensible. J’ai passé de longues années sans m’autoriser à écrire, et si mes écrits de « jeunesse » (à vingt-six ans, l’emploi de ce mot est abusif non ?) puisaient toute leur force des tracas de mon petit cœur tourmenté par d’insolubles intrigues amoureuses, conduisant à exprimer l’aversion pour le monde qui nous abrite con, vieux, vil, moche et imbécile puisqu’il ne me comprend pas, me fait souffrir, ne fait pas éclore les tulipes à chacun de mes pas, et qu’il me fait connaitre la beauté parfaite de Louise, Fair and tender lady sans me permettre de l’effleurer, de l’effeuiller…

Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir grandi. Je ne suis plus l’esclave de mes tourments, je suis l’obligé d’une paix intérieure qui me fait payer cher tout tracas. Pour me permettre de plonger dans une réalité qui n’existe que dans ma tête, il me faut un minimum de sérénité. Une tranquillité d’esprit qui n’a pas besoin d’aller jusqu’à la paix spirituelle des moines de tout acabit, mais qui doit me laisser plonger hors de notre monde pour quelques heures sans avoir à m’inquiéter des conséquences de cette absence, ni d’une remontée brusque provoquée par une quelconque intrusion pouvant faire fusionner les deux univers pour un instant seulement au risque d’en voir éclater un (je vous laisse deviner lequel).

Après plus d’une semaine à me ronger les sangs, et à bloquer tout seul dans mon coin en désespérant d’avoir perdu mon mojo créatif, je me suis rendu compte que mon fonctionnement avait changé avec le type d’écrit. On n’écrit pas une histoire quasi-autobiographique (« non c’est pas totalement autobiographique, il est étudiant en ethnologie, moi je suis en socio, rien à voir ! ») comme une véritable fiction.

Une fois cette constatation faite, j’ai eu moins peur d’avoir perdu ma capacité à écrire. Mes problèmes personnels ne se sont pas pour autant volatilisés, je n’ai pas encore retrouvé le chemin du clavier, mais quelques idées éparses viennent me titiller. Je les note dans un petit carnet à tout écrire et j’espère pouvoir bientôt retrouver la paix et le cliquetis frénétique des touches de mon clavier comme métronome de mon temps passer loin de la vie réelle…

D’ailleurs, je m’en vais de ce pas tenter un nouveau bureau pour dérouiller ma plume, je ne sais pas quelques chose en sortira, mais le cadre est sympas, qu’en pensez vous ?

 

boat writing

One Comment

  1. Yaya

    Ce bureau démonte! Attention malgré tout à ne pas dégueuler sur l’écran pour cause de gîte trop accentuée.

    J’espère sincèrement que les choses vont s’apaiser dans ta tête et dans ton petit cœur, et que tu vas vite retrouver l’inspiration, poilomenton. Mais je ne me fait pas trop d’inquiétude à ce sujet.

    À bientôt!

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