Grand projet, Processus créatif

Avec Stomp

29 jours sans vous écrire… Il faut croire que les choses ne s’arrangent pas aussi vite que je le voudrais… Je n’ai réussi qu’à écrire une pauvre page depuis le dernier article. Je la joue slow Flaubert (tavuuuuuu !).

C’est fou comme on peut s’enfermer dans des cercles vicieux tout seul, un petit coup de pouce d’un tout petit coup de déprime et tout vole en éclat. On n’a plus la force de rien, si ce n’est de paniquer. Penser, repenser, et surpenser. On se fait chauffer la cafetière à vide jusqu’à ce que le métal fonde et fasse rouler des perles d’argent sur les bajoues bouffies d’un être déformé d’autodestrution nutricio-éthylique. Finalement, on se réveil un matin avec la rage d’avoir arrêté d’exister pendant quelque temps. Laisser les jours défiler comme des gens pressés dans les couloirs d’un métro le lundi matin. On se met à côté, on regarde, comme si on était au-dessus, comme des déistes désespérés de ne pas avoir de superpouvoirs permettant de tout régler.

Je m’en suis voulu. Je n’ai pas été studieux, je me suis laissé couler. C’est facile de ce laisser couler quand on bosse pour soi. Le secret de ce que j’écris pèse. Je sais que le travail d’écriture revient souvent à boxer dans le noir, en espérant toucher quelques choses. À la longue, balancer des poings gantés de cuir à droite, à gauche, toucher quelques choses, se demander si c’est un mur ou la chaire d’un autre, ça creuse des doutes, comme des trous dans la passion qui vous anime. J’ai pensé défaire les lacets et retirer ce cuir protecteur, à vous balancer quelques morceaux de mes textes. Mais j’y renonce aujourd’hui : il serait plus facile de savoir ce que je touche, mais le moindre mur pourrait signer la fin de mon combat.

J’ai arrêté de forer dans mon capital confiance hier. Quand cette connasse de Facebook exhibait l’allongement temporel de mon inaction. Poussé par la culpabilité, j’ai jeté un coup d’oeil aux quelques pages rédigées jusqu’ici. Je ne sais pas si c’est bon, et franchement, pour le moment m’en « Rocky dans la réserve » (#BatLesSteaks). Non, ce qui m’a punché  l’encéphalogramme, c’est que l’histoire à progressé dans ma tête. Sans trop m’en rendre compte, sans le transcrire sur le papier non plus, mes personnages ont grandi. Ils ont pris de la profondeur, leurs liens s’éclaircissent sans pour autant avoir une trajectoire immuable. J’ai repensé aux quelques nouvelles que j’ai écrites jusqu’ici, et à chaque fois c’est la même chose. Les personnages ont besoin de grandir, de murir à l’abri de mon crâne. L’histoire pousse comme un fruit. Il me faut juste être attentif et cueillir à la plume quand le moment viendra.

Il va me falloir beaucoup de boulot pour coucher sur le papier et dérouler ces deux monstres. Je n’y arriverai pas du jour au lendemain. Ça se fera sans doute en plusieurs fois. Mais ça viendra.

Ne forçons pas les choses, ni les histoires, ni nos créatures de Frankenstein sur papier. Ce n’est pas pour rien que certains parlent de leurs écrits comme de leurs « bébés ». Laissons le temps à nos gosses de se développer gentiment avant de les balancer, seuls, dans l’acier froid du monde.

En attendant, je passe en boucle, Stomp de the Roots, et la passion bat comme un coeur de boeuf après une injection d’adrénaline. Il grandit à chaque coup jusqu’à bouffer les trous qui ne laissent plus rien passer…

Bonne écoute et à bientôt (promis cette fois)

 

One Comment

  1. Poulet Maroilles

    C’est super bon comme son! Hahaha, merci!

    Et le petit coup de déprime qui fout tout en l’air, je connais bien. Je ne connais qu’un seul remède à ça, c’est se botter le cul! Un gros coup de discipline, du sport au soleil et loin des écrans. Sinon tu te morfonds, tu broies du noir, tu procrastines, et c’est un cycle infernal. Enfin, je parle pour moi, là. Mais tout est bon à prendre, tout est bon dans le cochon.

    Et t’es l’un des premiers mecs que je connais à ne pas confondre Frankenstein avec sa créature quand il en parle, c’est kool.

    Tchuss! Peace! Big up!

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