L'Atelier Noracy, Processus créatif, Quelques infos

Voici le texte de la semaine. C’est encore une version brute, mais pour une raison que j’ignore, je m’y suis un peu attaché. Du coup, il sera sans doute le premier texte à apparaitre plusieurs fois sur le site pour que je puisse montrer son évolution au fur et à mesure des séances de travail qui nous attendent. 

Une petite annonce au passage, l’atelier Noracy va passer à un thème toutes les deux semaines pour pouvoir laisser la possibilité de retravailler certains textes.

Excellente lecture.

Créativement,

« Les dieux sont fous », « ils sont tombés sur la tête » « Tu penses que Dieu existe ? »…

Ces expressions bassement humaines passent et repassent dans la tête de J depuis quelques décennies de Terre. Plus de 2000 tours du soleil qu’il veille seul sur ces petits cons prétentieux qui, mine de rien, s’affrontent, se punissent, se brulent et s’entretuent chaque jour qu’il fait, poussés par le doute.

Ils doutent de la présence de J, qu’ils nomment d’innombrables façons, à tel point que J fait tomber chaque jour 10 gouttes de pluie par sobriquet ridicule dont il est affublé.


« Ils ne savent pas si j’existe, rêvent que je leur parle alors qu’ils ne savent pas vraiment à quoi je ressemble, ni même comment je m’appelle… Non ils doutent, c’est certain !

–  …

Ne venez pas me dire le contraire ! On ne bute pas son frère par amour de Dieu, on ne s’arrête pas de vivre 1, 5, 7, 10 fois par jour pour honorer quelqu’un quand on sait qu’il veille sur nous ! Je fais tout pour que ça roule, ils n’ont qu’à ce laisser porter, mais non ! Faut que ça résiste, que ça se plaigne, que ça se massacre…Tu leur fournis du courant d’eau douce toute tiède à souhait iis ont qu’à se laisser porter, et eux ils s’accrochent aux branches, ils nagent en sens inverse et foutent tout en l’air.

– Non mais J attends…

– Non  les gars ! La dernière fois déjà, soit disant c’était ma faute, celle d’avant c’était eux qui étaient dans l’âge bête, et là vous allez me sortir que c’est moi qui me fait des idées ?

– …

– Ils sont cons, c’est tout. Faut se faire une raison, ON NE FERA JAMAIS RIEN DE CES CONS D’HUMAINS ! »

Il en a gros sur la patate J et ça se comprend. Deux mille ans que la moutarde monde progressivement, et aujourd’hui, c’est le grand débordement. Il n’a pas pu s’empêcher de rentrer dans le lard de ces dieux de pacotille.


Ça a toujours été le plus gentil pourtant ; déjà lors de la première répartition des rôles, il n’avait pas osé s’octroyer une mission ou un pouvoir qu’il aurait aimé. Il est comme ça, il ne veut pas priver les autres. C’est à peine s’il avait su demander, quelques instants avant la clôture des débats ce qu’il lui restait.

S, nouvellement dieu de la guerre, de la cruauté, des puces, de la gueule de bois et du lâché aérien de guano avait saisi la perche « Toi, tu seras le dieu des cons ». Et tout le monde avait ri.

5000 ans après cet épisode, la blessure de J ne s’est pas refermée, et l’amer constat de l’exacte prédiction de S rend la plaie purulente.

Ils avaient tous collaboré pendant 3000 ans. Puis soudain, plus personne ne voulut bosser. Tous se tournèrent vers les joies de l’oisiveté, jouant à l’ardoise ou aux tuiles sur le toit du monde, en se remplissant la panse de breuvages enivrants. Tous, sauf J, qui continuait inlassablement à s’occuper de la fonte des neiges, des nuages sans pluie, des ongles incarnés et de l’alopécie.

Lors de la réunion décennale suivante, il fut décidé qu’un seul dieu s’occuperait du monde terrestre ; le perdant d’une partie de tuiles serait responsable pour les 400 ans à venir, les autres vaqueraient en irresponsabilité.

À l’aube de la sixième partie qui le conduira, c’est certain, vers une sixième défaite, J a décidé de prendre les choses en main. Il ne s’occupera plus de rien. Il refusera de jouer. Il est venu leur dire et les autres ont du mal à ne pas le prendre au sérieux.

Ses yeux ont changé, ils sont alourdis de la lassitude de l’acharné qui s’est battu contre le vent des générations durant et n’agit plus que par automatisme. Ces yeux désabusés, qui arrondissent ce de ses confrères malintentionnés, laissent entrevoir l’avènement d’un changement dans les dynamiques de pouvoirs divins. Ils le savent, ils sont allés trop loin et ont perdu le Bon. Il ne voudra plus se plier aux corvées, pendant qu’eux profiteront des bienfaits célestes. Il ne perpétuera plus cette « panthéonnade »

L'Atelier Noracy

Une image plutôt joyeuse et chaude à l’origine de ce texte :

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Jeanne arborait un sourire crispé depuis bientôt deux heures. Ce n’était pas tant le froid qui tendait ses lèvres et les menait au bord de la rupture cutanée, que l’angoisse et la gêne. Si six pieds foulaient le pavé, si les murs de la ville portaient l’écho de trois rires, ils étaient bien deux à parler pour les faire éclore.

Jeanne a toujours détesté la gêne, quitte à lui préférer l’ennui des nuits solitaires. Ces nuits froides, suffocantes de tristesse, qui voient une jeune femme meurtrie se punir par l’inaction et repousser les confins de l’ennui jusqu’au lieu secret — propre à chacun — où vous êtes assez un pour laisser sortir votre double odieux qui étouffe de ses jugements hurlés les sanglots de votre âme.

Plus ses mots sont durs, et plus ils restent et persistent à vous suivre au-delà des abysses de l’isolement. À force de répétition, les uns après les autres, ils s’agrègent, se multiplient et s’unissent pour cristalliser une prison de verre. Insidieuse : elle vous coupe du monde et décuple la gêne, elle fait naître l’effroi d’une détention en isolement mobile.

D’ordinaire, le cœur de Jeanne accélère très tôt quand elle est entourée par d’autres. Il bat, puis Bat, puis BAt puis BAT jusqu’au point de rupture qui la fait s’éclipser et replonger bien vite dans sa chambre pour y retrouver le démon qui seul sait recouvrir ses plaintes.

Mais pas ce soir. Ce soir, elle accompagne, elle ne participe pas encore vraiment, mais elle suit et c’est déjà énorme. Et son cœur a beau BATTRE et essayer de bondir hors de son corps par son thorax ou par ses lèvres, elle n’abdique pas et colle au plus près de chaque mot, de chaque geste, de chaque regard d’Hannah.

Elles marcheront encore et épuiseront Sliman, elles retrouveront la rue du Poteau et le perron d’Hannah. Et si son cœur tient jusque là, s’il n’a pas encore explosé, si les effets de l’alcool ne se sont pas totalement dissipés, peut-être que Jeanne se laissera aller et tentera de fissurer sa cage pour l’embrasser.

CN 2015, Résultats

Bonjour à toutes et à tous,

Voici un petit écrit porteur d’espoir et rédigé tard dans la nuit, par une personne croulant sous l’épuisement (figurativement) et sous les cartons (littéralement).

ob_64efbe_regle-vingt-huitMais pour ceux à qui ça aurait échappé, la nouvelle que j’avais proposé au concours « Ma vie sur Facebook » a retenu l’attention d’un jury de lecteurs. Ils étaient apparemment assez nombreux et devaient marquer d’un « I like » les textes qu’ils souhaita
ient. Apparemment, la règle vingt-huit a beaucoup plu… elle a terminé 3e de la catégorie auteur en herbe.

Outre le bonheur intense de voir un de mes écrits apprécié au point d’être retenu pour une publication, cette expérience m’aura appris pas mal de choses (et je pense que ce n’est qu’un début). Ceux qui lisent régulièrement mes (trop) longs articles, savent que je ne suis pas le roi de la ponctualité, que mes textes sont souvent écrits à l’arrache et, soyons franc, généralement, ça se sent. Pour ce concours, un report d’un mois s’est fait et je n’en ai pris conscience que le jour ou j’allais l’envoyer. Du coup, j’ai eu ensuite tout le loisir (trois semaines) pour laisser le texte reposer et travailler dans mon esprit et j’ai finalement pris quelques jours pour le relire et le retravailler.

Honnêtement, je n’ai pas changé grand-chose dans cette seconde mouture, mais j’ai tout de même retravaillé la fluidité de certains passages, supprimer quelques longueurs inutiles, développer certains points peu clairs et je ne pense pas que mon texte aurait attiré tant de votes si j’avais envoyé la première version…

J’en tire donc une bonne leçon et essaierai, à l’avenir, de finir mes nouvelles un mois à l’avance pour pouvoir les retravailler plus efficacement par la suite.

Enfin un tout petit mot pour remercier les organisateurs du concours et notamment Karim Serraj, qui s’est donné un mal fou pour organiser tout cela !

À très bientôt pour d’autres news et d’autres textes (oui ça fait longtemps, mais c’est promis, je vide quelques cartons et le m’y replonge) !

Créativement,

Quelques infos

Bonjour à toutes et à tous,

Oui, j’ai encore une fois disparu de vos écrans, mais déménagements obligent… Je suis toujours dans les cartons et je n’ai pas eu le temps de m’attaquer au méchant ; la semaine qui vient risque d’être chargée, mais les suivantes devraient m’offrir un peu plus de temps. Je me permets donc de remettre à Plus-tard (qui le remettra à Jamais) l’écriture de mon méchant… Je ne peux pas vous promettre d’avoir le temps de m’atteler à quoi que ce soit cette semaine, mais au cas ou l’un d’entre vous chercherait un peu d’inspiration :

On a tous vécu dans plein d’endroits. Si l’on considère vécu au sens large, chaque endroit que nos pieds ont foulé est un endroit ou nous avons vécu. En élargissant un peu encore (sans doute un poil trop pour pas mal de monde) nous passons du temps sur le net et nous y vivons.

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Cette semaine, je vous conseille de repenser à un endroit que vous aimez particulièrement, qu’il soit lié à un moment ou non. Un endroit réel, virtuel et, pourquoi pas, imaginaire dans lequel vous vous sentez bien. Dépeignez-le, expliquez-le si le cœur vous en dit.

Créativement,

CN 2015, Quelques infos

Bonjour à toutes et à tous,

Un petit coup de mou en ce milieu de semaine… La sélection de dix nouvelles retenues par Edilivre est tombée hier, et sans grande surprise Tangente n’a pas été retenue. Outre cette nouvelle, c’est le nombre de participants qui m’a fichu un coup. Plus de 2000 nouvelles ont été envoyées. Pour mémoire, il y aura en mars un classement des 500 meilleurs, et je commence à avoir peur que mon texte n’apparaisse pas dans le classement.

J’ai beaucoup de mal à écrire en ce moment. Il faut dire que la période est mal choisie. Je le répète depuis pas mal de semaines maintenant : tout bouge. Alors je sais, les puristes me répondront que tout bouge en permanence, que rien n’est immuable et qu’il faut savoir danser avec le monde. Bien qu’ils aient raison, j’ajouterai tout de même un bémol. Il est des temps de grand bouleversement nos vies semblent bouger plus vite que la terre sur son axe. Rassurez-vous, j’entre dans la dernière ligne droit, et si je me permets de prendre encore un peu de retard (je vais tout faire pour ne pas en prendre en ce qui concerne l’atelier Facebook).

Je ne vous donne donc aucune date en ce qui concerne les quelques travaux que j’ai prévu. Sachez juste que Tangente sera retravaillé pour être envoyé à une revue de nouvelles littéraire dans les mois à venir, et qu’en cas de refus, vous la retrouverez sur ce blog. Le Blog devrait connaitre quelques modifications, et peut-être trouver un petit frère durant ces mêmes mois. Un ancien texte (Quête dimensionnelle,écrit en février 2014) sera aussi retravaillé pour participer à un concours de nouvelle à thème libre. Enfin, un projet d’écriture plus long (un « roman »), devrait commencer avant l’été.

Ça fait beaucoup. Mais si mes nuits sont le prix à payer pour parvenir à vivoter en éructant de l’encre, je suis prêt.

confusion

Enfin, juste pour complexifier encore un peu tout cela, un projet à quatre mains est en train de naitre, il en est à la phase d’écriture mais n’en restera pas là. Ainsi, il est fort probable que j’en appelle, dans les mois à venir, à votre indulgence, accaparé que je serai pas ce projet… disons… plus visuel.

Créativement,

Atelier IRL

Bonjour à toutes et à tous,

Aujourd’hui, je viens partager avec vous deux écrits d’atelier.

Pour le premier je disposais de cinq mots (1 par personne présente à l’atelier) : coccinelle/phare/couleur/printemps/ange gardien, d’une phrase (piochée parmi six) « L’oiseau vagabonde sans rien oublier. » et de douze minutes

Les vagues bruissent au loin, mais le vent ne me laisse pas les entendre. Je n’entends que l’océan qui se froisse pour venir troubler ce miroir mouvant du ciel que la lumière de mon phare vient éclairer à minuit. Je zèbre le bleu nuit de la mer de traits blancs, et ce depuis bientôt trente ans. Oh c’est vrai que ces dernières années, je n’ai plus rien à faire. J’ouvre, une fois par mois, la porte aux gars de maintenance et les jours d’orage, j’actionne manuellement le phare. Une simple pression sur bouton. 

Demain, je devrais partir. Parce que ce bouton sera prenable à distance et que je coute trop cher. J’ai beau expliquer que je pourrais bénévoler, il ne m’ont pas laissé le choix. Il va falloir quitter définitivement mon nid haut perché, là où viennent me saluer quelques goélands, pour retrouver la terre verte, l’herbe, les plantes, les fleurs, les roches… 

J’ai une peur bleue du vert qui pousse petit à petit, de la lenteur fourbe du printemps, moi qui voyait passer chaque vague comme un coup de balai venant tout effacer. 

Ils ont beau me dire que je vais m’habituer, l’oiseau même vagabond n’oublie jamais.

Pour le second texte nous sommes partis, tous les six des mêmes six mots : La chambré/fuite/hasard/naufrage/diantre/à cause et nous avions quinze minutes

Dure soirée pour Douglas : prostré dans l’humidité des draps du lit central de la chambré. Le toit de chaume de l’unique bicoque d’une ile pommée au milieu du pacifique laissait perler, toutes les cinq secondes, une goutte de pluie grossissant doucement avant de s’écraser sur son nez. 

Des petits groupes discutaient le drame, et pansaient leurs plait. Ils avaient tous un regard pour Douglas. Chacun posait des yeux noirs, gris, amers, haineux ou moqueurs pour les plus amicaux. La conscience de ces yeux scrutateurs pourléchant sa carcasse avait de quoi inquiéter. Seul, pommé au centre d’une chambre tapissé de rancuniers, au milieu d’une ile battue par l’océan hostile, il y avait de quoi devenir fou et tenter une fuite insensée. Douglas pourtant fixait inlassablement la prochaine goutte. 

Il n’arrivait pas à comprendre, revivait encore et toujours les quelques scènes qui avaient amené l’équipage, ou ce qu’il en restait, dans cette grande pièce de l’unique bicoque d’un ilot ridiculement petit. Il avait beau faire tourner les images aussi vite qu’avait tourné le gouvernail, il n’arrivait pas à piger d’où venait ce rocher accédé qui avait éventré la coque de leur voilier. Pas moyen de comprend le capitaine, sa soufflante et ses coups qui laissaient à penser que c’était par sa faute qu’ils avaient fait naufrage. 

Dans cette marée d’homme, aucune place n’était laissée au hasard, et en temps que plus haut gradé survivant, il s’attendait à trinquer.

Si vous avez lu jusqu’ici (d’abord merci ! Et ensuite) vous vous êtes rendu compte que tous les mots ne figurent pas dans le texte et pour cause, ce n’est pas le but. Les mots ou phrases que vous recevez ne sont que des outils, vous pouvez parfaitement piocher celui qui vous plait et laisser ceux qui vous encombrent, ou dont vous ne ressentez pas le besoin.

Créativement,

L'Atelier Noracy

lunesurocean

 

« La bonne résolution perpétuelle : arrêté de fumer, se remettre au sport, changer de métier… On a tous une bonne résolution que l’on prend chaque année, mais à laquelle on ne s’attelle jamais. Que ce soit parce que c’est trop dur, parce que la vie ou parce qu’elle nous tient chaud l’hiver et nous encombre l’été, que ce soit la votre, celle d’un de vos proches ou celle qui sort de votre imagination, amusez-vous à nous conter cette bonne résolution de l’année dernière qui reviendra au sommet de la liste vendredi. »

L’air est clément en ce milieu de nuit ; il refuse de châtier ce misanthrope des sables. Un bernard-l’ermite recroquevillé entre trois dunes un soir d’hiver. Un trois quarts de Lune passe et repasse au gré du défilé des nuages ballotés par le vent marin ; cinglant, salé, cinglé. Une basse lointaine balance du grave à quelques dizaines de mètres. Des filles hurlent, de jolis cris qui trahissent une pointe de vanille sur un flot de rhum. Mes mains s’amusent des grains blancs qui filent entre mes grasses paluches.

Parfois, il est bon de prendre du recul, de prendre le temps de ne rien faire, de retrouver l’ennui primordial des enfances sclérosées de parentalité. C’est en ne faisant rien sur son lit que l’on apprend à rêver.

Ce soir, j’ai bu. Pas encore trop, mais ça viendra. Ça vient toujours. Avant de retrouver l’oublie, de me reperdre en amnésie, mentons encore une fois à Lune. Elle qui pardonne tout, qui efface l’ardoise de mes conneries une fois tous les 28 jours et le tout de bonne grâce. Elle qui a toujours le bon gout de revenir.

Ma chère amie, une fois de plus laisse-moi te confier mes plus beaux rêves, tous mes désirs et briller d’enfantillages avant de te décevoir, avant de revenir dans le chemin des oublieux qui restent heureux tant qu’ils se nient.

CN janvier, Quelques infos

Commençons par un mauvais début, je n’aurai pas le temps de travailler suffisamment le concours de nouvelles ENSTA ParisTech (http://www.bonnesnouvelles.net/enstaparistech2016.htm). J’aurais réellement aimé y participer, j’avais choisi de travailler sur Francis Galton, mais il me semble que ce concours est bien trop exigeant (et par les prix qu’il offre : bien trop attractif) pour que je puisse en tirer une quelconque information. L’année prochaine, s’il est reconduit, je me tiendrai prêt !

Ce début d’année mouvementé m’offrira peut-être une chance de participer « pour le fun » à un concours de nouvelles plus « facile » pour moi : la 10e édition du concours de nouvelles -contes- poésie tousazimute (). Je pense utiliser un ou deux textes assez « sonores » écrits en atelier pour tenter ma chance. Le temps est vraiment très court, mais je me sans plus à l’aise avec un texte à retravailler qu’avec une création sur un thème imposé.

Je referai un point sur les événements à venir bientôt.

Créativement,

L'Atelier Noracy

Un thème un peu barré : « Dans quel étAristote est-il pour voir tomber de biais la pierre qu’il a lâchée »

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J’ai vu une pierre avancer tout droit. Pas à la verticale normal, mais à l’horizontale. Loin de sa nature, ce petit caillou a défié — un court laps de temps durant — ma théorie, s’obstinant à s’insérer dans le cercle de l’air.

Je peux te l’avouer Pythias, ça m’a carrément fait flippé. D’ailleurs, il faudra que tu laves ma toge…

Il semblait flotter tout seul, à une vitesse ahurissante et dans une course rectiligne. J’ai cru qu’il était gorgé d’éther pour léviter au-delà de sa sphère et qu’il dessinait un cercle à moins de deux mètres au-dessus de la terre.

Tu imagines ? Si nous pouvions, nous aussi, nous gorger d’éther, nous pourrions voler à en suivre le feu jusqu’aux limites que nous imposerait l’air. Peut-être même pourrions-nous les transcender, entrer dans la sphère supralunaire pour s’approcher des étoiles et cueillir ses pastèques illuminées.

La vue des étoiles me fait vibrer depuis l’enfance ; voilà 30 ans que je passe mes journées à attendre la nuit pour m’user les yeux à les regarder. Gorgé d’éther comme ce caillou, je pourrais les éprouver de tous mes sens et sous tous les plans. Oui, ce caillou m’a fait rêver aux hommes volants. Ceux qui repoussent les limites de la nature et ça en une fraction de seconde.

Je n’ai pu m’empêcher de l’épier, jusqu’à le voir grossir, grossir, grossir et écraser, sur ma gueule, tous les songes qu’il avait fait naitre, avant de retomber froidement là ou la nature conduit tous les rochers.

Textes courts

Un texte très court écrit il y a plus de six mois qui m’accroche aujourd’hui à la relecture…

Et vous cher lecteur unique, qu’en pensez-vous ?

Les mains entremêlées dans le bas du dos, une légère rotation des épaules comme si elle était sur pivot. Elle regarde de ses yeux mouillés, de sa bouille triste, un père désemparé. Désemparé de n’être qu’un bœuf au regard perdu mais bienveillant qui ne sait que faire. Ce sont deux êtres du même sang, que ne se comprennent pas, mais qui se courent après encore et toujours comme une double hélice d’ADN, comme deux escaliers colimaçons aux entrées opposées.

« Papa est parti voyager »

« Ta fille est en colonie de vacances »

Ils ont beau graviter autour du même astre, ils ne se trouvent jamais. Comme si l’Univers le leur refusait et s’acharnait, en tête de mule, à vouloir les séparer pour que s’accomplissent, au futur, certains de ses projets.image-libre-1

Elle pleure le jour, la nuit et lui a peur. Une peur panique de retrouver sa môme grandie au bras d’un inconnu qu’elle connaitra mieux que lui. Au bras d’un énervant qui l’appellera « vieille branche »…

— « Reste petite, ma toute petite, et raccourcit tes pieds pour laisser à ton père, une chance de se rattraper. »