CN 2015

Bonjour à toutes et à tous.

Comme promis (mais avec beaucoup de retard), voici mes impressions sur un mois de novembre moins chargé que prévu en écriture et surchargé en émotions.

Bon… c’est incontournable et bien que j’ai tout fait pour l’éviter pour l’instant, quelques mots sur les attentats de Paris. Ils m’ont bloqué dans mon entreprise d’écriture d’atelier. Le thème, sans être totalement lié aux attentats, rentrait fortement en résonance et je n’ai pu m’approcher de l’horreur, même par empathie très lointaine. Seul un texte m’est venu dans la nuit du 13.

Vous le retrouverez ici.

Le thème va rester en suspens. Un autre prendra toutefois le relais très prochainement.

Venons en maintenant à ce que je vous avais promis : les infos et ressentis sur les deux concours de nouvelles entrepris en ce mois de novembre.

Ma vie sur Facebook a offert à ses participants un mois supplémentaire, malgré tout, j’ai tenu à finir la nouvelle hier soir (sans m’interdire de la modifier dans le mois à venir). Si l’idée de base m’est apparue assez rapidement (début novembre), le temps de maturation fut long. Une première tentative d’amorce aux alentour du 10, une seconde quelques jours plus tard, toutes deux infructueuses — puisqu’aucun de ces deux manuscrits ne fut relu le jour du véritable grand saut —, furent très utiles.

Une petite explication est sans doute nécessaire. Moi qui aie très longtemps considéré que les écrits devaient couler de source, qu’il suffisait d’attendre les épiphanies (toujours trop rares), je me suis rendu compte qu’elles ne viennent qu’à force de penser et repenser, de tourner et retourner le sujet et les idées qui frappent votre caboche. Mettre quelques phrases sur un bout de papier contribue à augmenter les fréquences de ces moments privilégiés. Consciemment ou non, on se rend bien mieux compte de ce qui marche, de ce qui pose problème, de ce qu’il faut revoir…

Enfin, ce temps long de décantation fut particulièrement utile dans la conception de la chute : ce moment si délicat de la nouvelle qu’il faut savoir amener assez subtilement pour surprendre le lecteur tout en semant quelques indices pour que le lecteur comprenne la progression du récit. Et bien, le travail de la situation, du caractère et de l’état d’esprit du personnage principal m’a fait imaginer de nombreuses fins possibles pour en choisir une qui ne me ressemble pas. Quelque chose qui est loin d’être novateur, mais en même temps quelque chose que je n’ai jamais lu (je ne suis pas un grand lecteur malheureusement), ni écrit jusqu’à présent. Le style dans lequel tombe cette chute (hahaha) m’a réellement surpris. Mais en même temps c’est ainsi que ce texte me plait pour le moment… Parfois il faut savoir céder à ces créations après s’être longuement questionné j’imagine!

J’ai encore un mois pour la retravailler, et je referai un point sur les évolutions qu’elle connaitra une fois que je l’aurai envoyée.

En ce qui concerne 48 heures pour écrire :

l’expérience est complètement dingue. Ceux qui ont déjà écrit pourront sans doute s’en rendre compte, 48 heures pour écrire une nouvelle est un pari fou, d’autant plus lorsque l’on travaille 9 h sur ces 2 jours…

J’ai découvert le thème vendredi à 19h01 en quittant le travail (sous le regard bienveillant de ma chez occasionnelle) : l’espoir. Après un soupir de déception et une amère pensée « Tiens, les attentats de Paris sont passés par là. » J’ai pris le métro pour rentrer chez moi. Un repas et une soirée sans écriture pour les premières heures de ce sprint. J’ai préféré prendre mon temps, réfléchir. J’ai continué ce petit jeu le lendemain au travail, et au fur et à mesure que les idées venaient, mon récit se construisait. Sans jamais citer l’espoir, j’ai essayé d’en faire une pyramide, de voir les espoirs grandir chez les quelques personnages, puis mourir pour en faire naitre d’autres. De la presque subtilité à mon gout, mais en un si court laps de temps, ne me sentait pas faire mieux. Finalement, samedi soir à 21 h (après une grosse pizza) je prends la plume et j’écris. Je reprends les quelques lignes éparses écrites lors de ma pause déjeunée. J’écris encore en encore, j’efface quasiment tout, je médite pour revoir tout ça, et je reprends le clavier ou la plume en fonction de mes envies. Après quelques heures de sommeil et une pinte de café, je me remets à mon ouvrage. Quelques lignes. Encore quelques-unes. Une nouvelle idée. Quelques retours en arrière pour introduire en douceurs les nouveaux événements. Et finalement, je me retrouve face à une chute digne de ce nom. Mon texte est assez court, mais j’en suis assez fier pour le considéré comme abouti. Je le montre donc à ma première lectrice dimanche vers 17 h (soit deux heures avant le rendu) et après quelques modifications (par peur de trop expliquer au lecteur, il m’arrive souvent d’être difficile à suivre) et D’INNOMBRABLES corrections orthographiques, j’ai pu envoyer mes 2 pages Times New Roman 12, interligne simple à 18h24.

Soyons honnêtes, c’est la deuxième nouvelle que j’écris dans ma vie, le deuxième concours de nouvelles auquel je participe et je ne m’imagine pas faire partie des dix lauréats (mais la nuit je rêve un peu parfois…) mais j’espère sincèrement apparaitre dans les 500 nouvelles classées par le jury.

Bref, deux expériences d’écriture diamétralement opposées, la première est encore en cours, et m’a permis, avec le temps de m’adonner à un style qui est assez loin du mien habituellement. Le second est plus proche de ma « zone de confort ». Ça semble assez logique et pourtant j’étais près a parier, il y a un mois, que l’inverse se produirait, que l’urgence me ferait sortir de mon univers pour coller au plus près du thème et que la nouvelle « à long terme » me permettrait d’approfondir un style qui me tient à cœur. Je suis ravie, différemment certes, de ces deux expériences. Il est évident maintenant que je participerai à une dizaine de concours par ans (je m’avance beaucoup là non ?) et je partagerais chacune d’elle avec vous !

À bientôt dans la catégorie résultat !

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