L'Atelier Noracy

Une image plutôt joyeuse et chaude à l’origine de ce texte :

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Jeanne arborait un sourire crispé depuis bientôt deux heures. Ce n’était pas tant le froid qui tendait ses lèvres et les menait au bord de la rupture cutanée, que l’angoisse et la gêne. Si six pieds foulaient le pavé, si les murs de la ville portaient l’écho de trois rires, ils étaient bien deux à parler pour les faire éclore.

Jeanne a toujours détesté la gêne, quitte à lui préférer l’ennui des nuits solitaires. Ces nuits froides, suffocantes de tristesse, qui voient une jeune femme meurtrie se punir par l’inaction et repousser les confins de l’ennui jusqu’au lieu secret — propre à chacun — où vous êtes assez un pour laisser sortir votre double odieux qui étouffe de ses jugements hurlés les sanglots de votre âme.

Plus ses mots sont durs, et plus ils restent et persistent à vous suivre au-delà des abysses de l’isolement. À force de répétition, les uns après les autres, ils s’agrègent, se multiplient et s’unissent pour cristalliser une prison de verre. Insidieuse : elle vous coupe du monde et décuple la gêne, elle fait naître l’effroi d’une détention en isolement mobile.

D’ordinaire, le cœur de Jeanne accélère très tôt quand elle est entourée par d’autres. Il bat, puis Bat, puis BAt puis BAT jusqu’au point de rupture qui la fait s’éclipser et replonger bien vite dans sa chambre pour y retrouver le démon qui seul sait recouvrir ses plaintes.

Mais pas ce soir. Ce soir, elle accompagne, elle ne participe pas encore vraiment, mais elle suit et c’est déjà énorme. Et son cœur a beau BATTRE et essayer de bondir hors de son corps par son thorax ou par ses lèvres, elle n’abdique pas et colle au plus près de chaque mot, de chaque geste, de chaque regard d’Hannah.

Elles marcheront encore et épuiseront Sliman, elles retrouveront la rue du Poteau et le perron d’Hannah. Et si son cœur tient jusque là, s’il n’a pas encore explosé, si les effets de l’alcool ne se sont pas totalement dissipés, peut-être que Jeanne se laissera aller et tentera de fissurer sa cage pour l’embrasser.

CN 2015, Textes courts

Ça fait un petit moment que j’y pense… En réalité, ça fait plus de 8 ans que je passe régulièrement sur le site pour me tenir au courant des concours organisés, et que je rêve de me lancer. Après une unique tentative en février 2015, j’ai décidé, en cette fin d’année, de m’y mettre sérieusement.

Je n’ai actuellement absolument pas le temps d’avancer dans des projets de livre qui demandent un travail très régulier, mais ça viendra, et je vous tiendrais évidemment au courant!

Pour l’heure, je vous propose de me suivre sur deux concours de nouvelles :

• Ma vie sur Facebook : auquel je me suis inscrit il y quelques jours, et qui me demandera un mois de travail (acharné je l’espère!)

• et le plus fou, 48 heures pour écrire d’édilivre pour lequel je couperai toute vie sociale (hormis le boulot alimentaire…) du vendredi 20 novembre 19h au dimanche 22 novembre à la mêm e heure.

J’essaierai donc, pour ce mois de novembre, d’écrire deux nouvelles, de deux façons totalement différentes tout en conservant l’atelier d’écriture (les textes risquent tout de même d’être plus court) et de vous tenir au courant de la progression et de l’impression pour les deux autres concours.

Voilà, une petite annonce un peu fade et loin d’être littéraire, mais qui ouvre de nouvelles perspectives.

Pour vous remercier de m’avoir lu jusqu’ici, je joins à ces nouvelles un écrit qui a une petite année, rédigé en une dizaine de minutes lors d’un atelier.

Nous étions si beaux, jouvenceaux juvéniles, naïvement idiots. On s’est gavé d’amour, comme si on ne pouvait s’en rassasier. J’avais l’impression de manger des cerises jusqu’à en éclater ou jusqu’à devenir Sumo. Deux sumos gonflés de câlins, de papouilles, de baisés, de passion. Ta façon de me défendre, contre tout et n’importe quoi jusqu’à plonger à corps perdu dans le ridicule… Me recouvrant d’un plaide lorsque je jouais à faire des empreintes d’ange dans la neige ou me promettre de casser la gueule : de l’idiot qui avait klaxonné s tôt, du soleil — avec ces projections rayonnantes —, du vent — s’insinuant sournoisement chez nous en faisant chanter un vieux joint agonisant à la manière d’un signe — ou de quoiconque s’avisant de me réveiller.

Là, tout de suite, c’est à toi que je voudrais casser la gueule. j’aime pas les cons et tu le sais, alors pourquoi en es-tu devenu un ? Tu m’horripiles tellement que je te piétinerais le visage sans scrupule aucun pour ces traits si fins, si délicats. Je t’ai haï d’aller au bout de la rue à droite, je t’ai vu rentrer dans la maison à la porte rouge. Une porte d’allumeuse dont la couleur diabolique ne pouvait abriter qu’une diablesse qui me damait le pion. C’est peut être par crainte de cette Lilith que je n’ai jamais pu m’y aventure, ni même d’y jeter un œil. Et puis tu avais beau être con, me tromper, tu n’en restais pas moins mon mari.

Trois mois que tu y allais deux fois par semaine, et puis deux, parfois trois heures durant. Si seulement, ho mon chéri, mon couillon, pauvre truffe égoïste, tu m’avais laissé franchir le carmin de cette porte pour t’aider à te soigner.

L'Atelier Noracy

Point de départ :  « Il n’y a pas beaucoup de monde dans le train de ce jeudi après midi » (Yoko Ogawa), La merFullSizeRender

J’étais parti ce matin de Sens. Sans rire, sans larme ni espoir de retour. Dans la fraicheur d’avant l’aurore, j’étais venu peser sur ses bras une dernière fois…

Ça n’aura pas duré longtemps. À peine quelques semaines. Au début, nous étions gênés, mais c’est normal ! Tous les débuts de sont, au moins un peu… Je me souviens de sa main moite, du calme de son cœur, de la profondeur de ses soupirs. Elle était déjà foutrement jolie. La rencontre d’un triptyque parfait : les yeux bleus vert et le teint slave, les formes et les cheveux méditerranéens et la finesse des traits hindis. Son air gêné lors de notre première rencontre avait caché celui hautain qui gâtait cette divine créature bien trop assurée. Elle savait que personne ne pouvait résister. C’était une briseuse de cœurs, une bouffeuse d’âme, une sorcière

Je comprenais mieux le trac de notre entremetteur ; ses mains moites, elles aussi, son pouls de puncheur qui me bottait les fesses si tentées que j’en ai et sa respiration saccadée : un coup long, deux courts et une suite chaotique parsemée d’apnées.

Il tremblait déjà le soir où par sa plume et suivant l’encre, il m’avait donné l’âme qui m’anime aujourd’hui. Je suis né d’un homme perdu en mer, combattant les vagues de stresse du timide parti se faire peur et affronter son mal houleux, qui s’amuse en démiurge, à lui mettre la tête sous l’eau, à contrôler le rythme de ses poumons.

Quelques mots sur ma page blanche avaient suffi à me faire penser. Quelques mots malhabiles et retenus. Les timides ne sortent pas leurs tripes, même lorsqu’ils sont transis d’amour et qu’ils prennent leur temps pour assembler de leurs mains un livre de poèmes qu’ils n’ont pas su écrire.

Après quelques mois écrasé entre une méthode d’espagnol encore sous film plastique et le presque bois d’une bibliothèque Ikea, elle avait décidé de mettre fin à notre relation. Jeter ce bout d’âme, cette infusion de sentiment amoureux qui lui rappelaient trop, sans doute, qu’elle ne ressentait rien. Je ne lui en ai pas voulu de me balancer dans un carton à la lueur douce d’une ampoule écolo que l’on vient d’allumer. Cette beauté qu’elle portait ne permet pas d’aimer.

Elle m’offrait une dernière balade entre ses bras avec une vue imprenable sur le ciel de Paris. Un bâtiment obscur avec du monde des bips et d’autre bruit signait la fin de cette vie. Une dame m’a occulté comme si j’avais ebola. Elle m’a rendu à ma maudite déesse avant d’accepter tous les autres. « Désolé, on ne reprend pas les livres dédicacés. » : il n’acceptent pas les livres en vies ici, seulement les morts ou les aseptisés.

Sur le chemin du retour, je serrais les pages à chaque poubelle croisée ; notre histoire n’avait pas était belle, et je redoutais cette fin.

Un tiroir de bureau pour quelques heures, une dernière promenade ensuite, et nous voilà retournés à la gare en début d’après-midi. Arrivée dans le wagon, elle m’installe à côté d’elle, mais de l’autre côté du boyau qui se faufile entre les rangées de sièges de voyageurs.

Il n’y a pas beaucoup de monde dans le train de ce jeudi après midi. Le contrôleur annonce l’arrêt Sens, elle se lève, enfile sa veste et me remet debout, comme sur un présentoir roulant à vive allure vers Auxerre.

Il n’y a vraiment pas grand monde dans ce train… J’espère que quelqu’un me ramasser.

L'Atelier Noracy

Texte sur le thème de l’Afghanistan.

Le soleil brûle nos peaux, mais sèche nos tissus et fixe les pigments de nos teintures. Les vois-tu ma fille ? Les pauvres mains de ton père ? Osseuses, harassées par des années de désolation. On dirait des osselets, si bien que j’ai peur, à chaque mouvement brusque, d’entendre mes phalanges s’éparpiller au sol, se confondre avec les pierres. Ces pierres qui nous ont vues grandir, qui allongèrent nos pieds à force que nous les y étalions chaque jour, elles sont les témoins discrets des moindres détails de nos vies.

Elles sont là et bien que tout le monde les voit, personne ne les regarde. Et si je sais qu’elles sont au cœur de la vie depuis le premier de nos pères, je doute qu’elles suivent, qu’elles comprennent la folie galopante des hommes qui fuient le bozkachi pour répandre le sang des hommes. Ce sang transforme l’homme en chien, la haine autophage se gonfle d’elle même.

J’en voudrais presque au vent qui me retint, envers et malgré tout, en ce jour béni de Dieu. Je m’en allais combattre. Défendre notre terre, la teinturerie de mon père qui te reviendra bientôt et les montagnes de pierres où chaque arbre s’élève comme un miracle.

Nous attendions Rami, le cadet des trois fils émoussés par les larmes d’une mère qui essayait, à une ultime reprise, de briser le mouvement, de sauver un des fils qu’elle avait pris tant de soin à élever.

Mon père vint vers Tariq et moi. Les yeux mouillés, gonflés de ces larmes qu’on ne peut laisser couler. Il posa un chèche sur mes épaules : « Tu es sur mon fils ? » J’hochais la tête lentement, les yeux baissés, et ajoutait lâchement lorsque son front toucha le mien, que nos âmes ne pouvaient se voir : « S’il le faut ».

Puis ce fut le tour de Tariq : « et toi, tu es sur ? » « Oui » répondit notre ainé en regardant notre père comme s’il était son fils. Le chèche passa autour de son cou et le serra fort sous l’effet du vieil homme forçant son fils à lui offrir, une dernière fois peut-être, une oreille attentive. Je n’appris que bien plus tard ce qu’il lui avait confié.

J’étais pourtant éveillé. Je ressentais mon sang s’écoulant dans mon corps, le soleil intensifier son poids un peu plus chaque seconde et l’odeur des adieux, recouvrant celles de la peur qui s’était installée dans le village. Mais le vent a soufflé et je n’ai pu entendre.

Le vent a soufflé comme sur la plaine, s’engouffrant dans l’enclave abritant le village pour faire vivre les étoffes et s’envoler mon chèche. Ce bout de chez nous, reçu des mains de mon père, je l’aurai pourchassé n’importe où. J’ai couru comme je ne l’avais plus fait depuis le dernier jeu de cerf-volant de mon enfance : le nez en l’air, les yeux fixés sur les ondulation et retournement du tissu qui virevoltait.

Combien de temps cela a duré ? Jusqu’où ai-je couru ? Je n’aurais pu le dire. J’étais absorbé par la finalité de ma course contre le vent. J’aurais marché hors de la Terre s’il l’avait fallu !

Le vent finit par relâcher sa proie. Lentement, mon chèche retrouva l’horizon et ta mère l’attrapa. Elle me le tendit en fixant mes yeux. Elle faisait aller et venir ses grands yeux verts d’un côté à l’autre de mon nez et cherchait dans mes iris, à savoir qui j’étais. Une statue pétrifiée, une poupée de chiffon incapable de bouger, voila qui j’étais face à ces deux émeraudes.

« — Tu pars à la guerre ?

— Oui… » Son regard jaillit hors du mien, elle fit demi-tour et baissa la tête. « Ne te fais pas tuer et reviens. »

Elle s’avança vers la ville proche, s’interrompit après une dizaine de pas pour déposer l’étoffe qu’elle piégea sous une pierre avant de reprendre sa route. J’ai attendu que sa silhouette disparaisse dans le lointain avant de récupérer ce bout de chez nous que le vent animait toujours.

Je rentrais amoureux, prêt à livrer une tout autre bataille : l’expliquer à mes frères. Tariq cracha à mes pieds. Rami n’a rien dit, mais son envie vacilla comme une flamme sous le souffle d’un enfant. Il tituba pourtant dans les traces de notre ainé.

J’ai été lâche d’amour, à la honte de tes oncles, à la fierté de grand-mère. Parce que ta sainte mère ne voulait pas que je meure et pour toutes les promesses qui émanaient de ses yeux.

L'Atelier Noracy

La première version toute nue, non retravaillée inspiré par ces huit mots : Profondes, Vindicatives, Intrépides, Becs, Maitresse, Attirail, Métamorphosée, Étrange (piochés dans Les Fleurs du mal)

« Je suis désolé, je sais pas ou me foutre… »

Je pourrais te mentir, te dire que je n’ai rien vu venir, qu’elle m’a cueillit comme un bleu, mais on se connait trop. On a tellement déteint l’un sur l’autre que je ne saurais plus dire qui a apporté quoi…

J’ai bien vu sur le pas de porte, dès la première seconde. Ces yeux étaient étranges. Elle n’en avait jamais posé des comme ceux-là, ni sur moi, ni sur qui que ce soit. En tout cas, pas devant moi. Ça m’a troublé à tel point qu’il m’a fallu quelques secondes pour revenir de l’apnée de cette plongée dans les eaux du bleu profond de ses yeux.

Elle grelottait sous la porte-cochère, trempée par une pluie légère, mais continue qui ne laisse à aucun promeneur la moindre chance. Les épaules rentrées, les bras joints devant les hanches et le dos vouté à l’excès : elle semblait vouloir faire de son corps un iglou humain. Un édifice éphémère en lutte perdue d’avance face à l’inéluctable bruine qui éteint tous les feux et efface toutes chaleurs.

Dans un geste et sans bruit, je l’ai fait rentrer. Cet effacement du corps venant mourir en prolongement de porte signait ma rémission. Une défaite d’entrée qui annihilait l’idée d’un jeu. Nous le savions tous deux. Le mascara coulant avait camouflé les lames de glace, paisiblement aiguisées par le goutte-à-goutte de l’ondée, qui jaillirait de ses yeux au moment voulu.

Quelques instants plus tard, elle s’avança jusqu’à la table du salon, sous un T-shirt long que je lui avais prêté, mais sans le short qui, selon ces dires, ne faisait que tomber. Ce fut, je te le jure, le seul sourire qu’elle eut de moi ce soir-là. J’ai honte de l’avouer, comme j’avais trop honte de cette situation pour lever le regard. Je fuyais dans la contemplation du circuit redondant de ma cuillère dans la tasse à café, cherchant à dissoudre un sucre imaginaire.

Elle s’assit près de moi, la jambe gauche en tailleur. Son genou vint se coller au mien. La surprise de cet électrique contact me fit enfin lever les yeux qui croisèrent les siens. Perdu… la peur malsaine m’avait pétrifié.

Mon amie n’était pas devant moi. Je ne retrouvais ni ses sourires ni son rire sonore dont le rythme lancinant faisait résonner les graves ni le regard bienveillant annonçant l’arrivée d’une main légère s’arrimant à l’épaule d’un ami en détresse. C’était un monstre d’a-passion, une mécaniste de la séduction qui suivait une procédure préétablie, une boite à musique qui veut passer pour un orchestre symphonique jouant chaque enchainement, chaque silence, chaque note dans une perfection déshumanisante. J’étais son instrument et elle se jouait de moi.

C’était une harpie qui mordait mes lèvres, et lacérait mes chaires après que ces harpons de glaces m’aient crucifié sur le canapé. Elle repartit bien avant que ses traits aient fondu, je ne pus me relever qu’au fin fond de la nuit, quelques minutes avant que le soleil ne vienne éclairer ma faiblesse.

Je sais que tu ne me pardonneras pas. Je ne te le demande pas. Même si c’est elle qui a tout prit, que je ne lui aie rien donné. Je lui ai tout laissé, elle n’a eu qu’à se servir.

Je te mentirais si je te disais que je n’avais jamais pensé à ce moment, aux trouvailles de nos deux corps. Il berce mes nuits et agite mes réveils depuis que je l’ai rencontré. Et je t’en ai voulu et je t’ai envié d’avoir autour du bras, le sien qui se posait.

Je voudrais t’expliquer, te dire que ce fut horrible et que ça va me hanter, même si ce châtiment est bien peu par rapport à ce que je t’ai fait. Je voudrais t’implorer de me casser la gueule à me faire sauter les dents, de me piétiner chaque jour, à doubles doses les dimanches et jours fériés. Mais rien ne sort à part « Je suis désolé ». Non, rien ne peut sortir de cette trachée que la trahison a scellée, murant le repentir qui ne cesse de s’agiter me maintenant éveillé quand il ne me fait pas vomir.

Je voudrais te dire mon ami, mon frère, à quel point j’ai envie, à cet instant précis, de voir jaillir ce poing que tu serres si fort que je le vois trembler. De le voir grossir jusqu’à l’impact qui éteindrait la lumière qui fait reluire l’horreur de ma passivité.

Textes courts

Un texte qui date de cette hivers, mais approprié à ce début de projet…

À la lueur d’une flammelette que chaque souffle d’air fait vaciller. Elle semble tellement fragile, éphémère, en sursis, que j’ose à peine respirer. Même mon écriture ralenti pour ne pas perturber la petite flamme qui s’accroche et s’anime au rythme de nos vies.

C’est comme avoir un chaton et ne plus oser marcher de peur que ce fripon se glisse sous vos pieds à chacun de vos pas. Il faut s’apprivoiser, s’en approcher doucement, apprendre à la connaître, tester ses limites et les nôtres aussi pour éviter de ce brûler.

Au bout d’un temps elle devient nôtre. Parce qu’on s’est habitué et que l’on joue sans crainte, à la faire virevolter comme une soliste Russe du Lac des signes, ses mouvements suivent les nôtres au point de se confondre, avant qu’elle ne vieillisse et termine la cire qui, lui sert de sève. Elle agonise et tressaute à nous faire pleurer.